avant tout, je suis amatrice de textes.
n’importe quels, avec du sens et sans, morts et vivants, drôles et pas trop, anciens et modernes.
les textes écrits et dits, hurlés et murmurés, sublimes et navrants, utiles et bons à rien. surtout ceux qui ne sont bons à riens.
après avoir lu, ou bien vécu un texte – mais oui, un texte c’est bien une vie – je me demande: pour qui je vais le traduire? pour vous, peut-être ?
comment vais-je partager avec vous ce petit miracle, cette petite découverte ? Un texte, une autre pensée, une histoire.
et les textes intraduisibles ? alors ce n’est pas un texte…
Traduire, c’est passer d’une langue à l’autre, pour gagner les sous, par exemple, mais pas seulement. Ça peut se faire sans quitter une seule langue. J’ai signé ma première traduction à l’âge de quatre ans, quand j’ai compris une blague de mon père (c’est tout un genre à part, « les blagues de papa », à traduire avec prudence) et l’ai racontée, en m’étouffant de rire, à ma poupée. J’ai remarqué que la poupée ne riait pas. Donc j’ai adapté la blague. Et encore. Et encore. Finalement, on a bien rigolé toutes les deux. J’étais très fière de moi. En plus, la blague de mon père en amena une autre, la mienne. C’est merveilleux, d’un faire deux. Trois en fait, cette histoire est la troisième, elle n’est pas vraie. Je ne sais pas si vous riez ou pas. Peut-être, il faudra que je la traduise… Pour en faire la quatrième.
Et j’ai continué ainsi. Et je continue toujours. De l’un à deux, et ainsi de suite, et puis il y a des mondes qui s’ouvrent.
Puis, j’ai eu de la chance d’en faire mon métier.